Rémunérations: salaire correct exigé!

Le SNES et la FSU agissent depuis de très nombreuses années pour obtenir une revalorisation des carrières et des salaires, tant les besoins sont criants. La question des salaires, c’est celle de la reconnaissance de nos métiers.

Une insatisfaction légitime

Le sondage Ipsos réalisé pour le SNES et publié en mars 2018 témoigne de ces attentes : 75% des enseignant·e·s du secondaire s’estiment insatisfait de leur salaire. 

Ce sentiment est le témoignage d’une réalité : nos salaires sont plus bas que d’autres cadres de la fonction publique ou du privé, plus bas que ceux de nos homologues dans des pays comparables et la situation s’est beaucoup dégradée dans le passé, surtout quand on considère notre rémunération ramenée à notre temps de travail réel.

À niveau de qualification égal, les professeurs, CPE et PsyEN sont nettement moins payé-e-s que les autres cadres, publics ou privés.

En collège et lycée, les enseignant-e-s allemands sont payé-e-s 56 % de plus que leurs collègues français.

En savoir plus 

Ce que nous avons obtenu : 

Les actions que nous avons menées avec les personnels ont trouvé de premiers résultats dans le cadre des discussions Parcours Professionnels, Carrières et Rémunérations (PPCR).

Dans ce cadre, nous avons obtenu :

  • une accélération des déroulements de carrière,
  • le parcours de la carrière sur au moins deux grades (la hors-classe pour tous).
PCCR : savez-vous
qui a voté quoi ?

Ainsi pour la rentrée 2018, nous avons obtenu que les possibilités d’accès à la hors-classe soient augmentées de 16 % pour les professeurs agrégés, 10,5 % pour les CPE et de 3 % pour les professeurs certifiés.

De même le SNES-FSU agira pour que la nouvelle classe exceptionnelle créée en 2017 soit ouverte au plus grand nombre. Pour le moment, le volume des promotions doit être porté en sept ans à 10 % de l’effectif de chaque corps (ce qui équivaut à plus de 40 % des effectifs actuellement en hors-classe).

Pourquoi il faut continuer à être vigilants :

Tour de vis sur les rémunérations des fonctionnaires

Dans sa lettre aux agents publics du 12 avril 2017, le futur président écrivait : “Je veux pour vous plus de reconnaissance et davantage de perspectives de carrière. La reconnaissance, c’est d’abord une plus juste rémunération. J’augmenterai votre pouvoir d’achat, comme celui des salariés des entreprises : vous paierez moins de cotisations et votre salaire net sera augmenté d’autant.” Manifestement, c’est une autre orientation qui a prévalu : gel de la valeur du point d’indice, rétablissement du jour de carence, report d’un an des mesures PPCR devant s’appliquer au 1er janvier 2018, augmentation du taux de la CSG sans compensation intégrale.

Communication gouvernementale mensongère.

Le gouvernement a prétendu à l’issue du rendez-vous salarial du 18 juin dernier que ” les certifiés auront une augmentation de 1300 euros bruts annuels”. L’ambiguïté de la formulation peut laisser penser que vient d’être décidée une revalorisation des professeurs alors que c’est précisément le contraire qui est mis en place dans la fonction publique. La somme dont il est question ici correspond en effet à un calcul non communiqué dans le détail de la moyenne des gains cumulés issus du déroulement des nouvelles carrières comparés avec le déroulement prévalant avant l’entrée en application de PPCR donc avant 2017, en incluant les revalorisations indiciaires, les effets de la création des nouveaux échelons et de la classe exceptionnelle.

Le gouvernement se prévaut donc d’une revalorisation décidée et mise en œuvre en grande partie avant son arrivée. Qu’au moins le gouvernement assume de baisser les salaires des enseignants, CPE et PSY EN pourtant parmi les plus bas des pays de l’OCDE et arrête de jouer avec des artifices de communication qui à ce niveau-là relèvent du mensonge.

Avec une inflation en juin 2018 à 2,1% sur un an, une nouvelle augmentation de la retenue pour pension des fonctionnaires au 1er janvier prochain, c’est une véritable baisse des salaires nets qui se profile. En ce qui concerne l’emploi, ce ralentissement de la revalorisation des carrières et la perte de pouvoir d’achat est un très mauvais signal délivré aux futurs candidats aux concours, alors que le second degré a besoin de recruter des candidats de qualité, et pour cela de redevenir attractif en termes de salaire, de progression de carrière et d’allègement de la charge de travail.