Psy-EN, quelle orientation ?

La loi relative à la « Liberté de choisir son avenir professionnel » adoptée le 1er août 2018, contre laquelle les personnels de l’ONISEP, les psychologues de l’Éducation nationale et les directeurs de CIO se sont mobilisés avec le SNES et la FSU a été adoptée le 1er août 2018.

Son article 10 confie aux conseils régionaux la responsabilité de « l’information sur les voies de formation et les métiers ». Elle prévoit de transférer aux Régions les personnels des directions régionales de l’Office national d’information sur les enseignements et les professions (DRONISEP). Enfin, l’évolution de la carte des CIO est annoncée.

TRANSFERT DES DRONISEP

Ayant perdu l’apprentissage, les Régions trouvent, dans le transfert des DRONISEP, un moyen de récupérer une compétence concernant le public scolaire. L’étape suivante pourrait bien être la régionalisation de l’orientation scolaire privilégiant les débouchés locaux au droit à une éducation et une orientation ambitieuse pour tous les élèves sur l’ensemble du territoire. C’est le sens de la proposition 18 du rapport CAP 22 sur la réforme de la fonction publique.

Le transfert des DRONISEP affaiblira l’ONISEP, privé de ses ressources en académie, et risque de diminuer la qualité de ses productions. La régionalisation des DRONISEP remettra profondément en cause la neutralité de l’information. En effet, les Régions pourraient privilégier les formations locales correspondant aux besoins économiques définis à court terme par les branches professionnelles.

Les personnels qui seraient transférés ne connaissent ni leurs futures missions, ni leurs conditions d’exercice. Pour le SNES-FSU, les DRONISEP, indispensables pour l’élaboration des ressources documentaires, l’accompagnement pédagogique des équipes et la coordination avec les Régions doivent être maintenus dans chaque rectorat.

SUPPRESSION DE CIO, RATTACHEMENT DES PSY-ÉN AUX EPLE

La fermeture des CIO a été annoncée en avril dernier ainsi que l’affectation des Psy-ÉN en établissements scolaires pour « rapprocher les psychologues des élèves ». Le ministère ne répond pas aux objections de fond : chaque Psy-ÉN aurait 1 500 élèves en charge en moyenne.

Ce projet priverait les familles, les élèves et les établissements d’un lieu deréflexion neutre hors de l’École. Il supprimerait la distance nécessaire au Psy-ÉN pour jouer en toute neutralité son rôle de conseiller auprès du chef d’établissement.

Le projet de suppression du service public de l’orientation de l’Éducation nationale est en marche. Sous la pression du SNES-FSU, le ministère est revenu en arrière en indiquant sa volonté de maintenir un CIO par département, tout en annonçant qu’il faudrait en redéfinir les missions. Le flou entretenu par le MEN sur la situation des CIO risque de se traduire par une modification radicale du statut des Psy-ÉN.

Après la grande manifestation intersyndicale du 5 juin à l’initiative du SNES- FSU, les actions vont continuer à la rentrée pour empêcher la casse du service public et la régionalisation qui substituerait une vision adéquationniste de l’orientation à une vision psychologique et émancipatrice.

LE SNES-FSU REVENDIQUE :

➜ le maintien des DRONISEP, des Psy-ÉN et des DCIO au sein de l’Éducation nationale ;

➜ le maintien de tout le réseau des CIO, service public d’orientation de l’Éducation nationale de proximité, garant de la qualité et de l’indépendance de l’information et des conseils par rapport aux divers groupes de pression ;

➜ une augmentation significative des recrutements permettant une réduction des effectifs pris en charge.

IL S’OPPOSE À :

➜ la remise en cause du statut des Psy-ÉN, spécialité « éducation, développement, conseil en orientation scolaire et professionnelle », de leurs missions et de leur affectation dans les CI